Partager l'article ! L'enfant et le langage (partie I): Voici un dossier sur le langage en deux parties. Il retrace les grandes éta ...
Voici un dossier sur le langage en deux parties.
Il retrace les grandes
étapes d'acquisition chez le tout petit et analyse dans le cadre institutionnel puis dans les structures
Montessori la façon dont cet apprentissage est
enseigné.
Pour parler le petit de l'homme doit être initié...
Il a besoin de vivre dans un
"bain de langage" qui prend sa source dans l'acte affectif. Instinctivement à la naissance, la mère se met en phase avec les besoins de son enfant. Il "crée sa mère" (Lebovici)
et "existe grâce à elle" (Winnicott). La maman adopte une intonation chantante assez caractéristique et répète souvent les mêmes mots. Ce baby talk bien connu des spécialistes nourrit le "bain d'affects" et crée sur la durée un environnement stimulant qui permet au bébé
d'accéder au langage puis à la communication, c'est à dire à l'intentionnalité par absorption de son milieu.
Ce milieu le marque culturellement et contribue à sa socialisation. En effet, on sait aujourd'hui qu'entre 4 et 6 mois on peut distinguer grâce au babil ( ébauche répétitive des
premières syllabes :ba, ba...) "les traits de la communauté
linguistique à laquelle l'être humain appartient " (Cabrejo Parra).
A partir de 7 mois l'enfant commence à pointer du doigt les objets qu'il convoite tout en cherchant le regard de quelqu'un. Cette simultanéité entraîne par effet réflexe chez la personne
sollicitée, l'énonciation du nom de l'objet désigné. Ce petit jeu marque une étape essentielle dans le développement du langage.
Avec l'acquisition de la permanence de l'objet entre 18 et 24 mois, c'est à dire la conscience que les
choses continuent d'exister même si l'enfant ne les voit plus, et l'apparition des premières combinaisons de mots (deux en général), il va désormais pouvoir montrer ce qui est présent et nommer
ce qui est absent. Le langage se situe donc à mi-chemin entre son monde intérieur (représentation abstraite) et le monde extérieur (représentation concrète).
Au cours des années qui suivent, l'enfant raffine son langage en lien avec le développement des fonctions cognitives et articulatoires et précise ses intentions pour arriver à une communication
de plus en plus élaborée. Le vocabulaire, quand à lui, s'enrichit considérablement quantitativement et qualitativement entre 2 et 5 ans puis s'élargit tout au long de la vie.
Fort de ses connaissances, comment peut-on, en tant qu'éducateur (parent ou professionnel), aider utilement l'enfant de 3 à 6 ans dans le développement de son langage oral ou écrit ?
Tout d'abord, comme dans tout apprentissage, l'aspect le plus important à prendre en compte est la confiance en soi. En effet, accepter de montrer quelque chose de soi, prendre le risque d'être
contredit ne peut s'envisager dans de bonnes conditions que si l'enfant possède une certaine sécurité intérieure. Le rôle de l'éducateur consiste donc avant toute chose à considérer l'enfant, à
adopter une attitude respectueuse et valorisante en lui parlant, en l'écoutant, en le regardant.
Avec l'entrée en maternelle à 3 ans (95% des petits Français) l'enfant commence le cycle des apprentissages premiers. Ce cycle facultatif a pour mission de le préparer au mieux, grâce à
l'acquisition d'un socle de connaissances didactiques et comportementales, au cycle obligatoire des apprentissages fondamentaux à partir de 6 ans.
Entre 3 et 6 ans, le langage est au coeur du dispositif. Alors comment aborde t-on cette compétence d'un point de vue institutionnel et d'un point de vue Montessorien ? Quels sont à cet âge les
éléments physiologiques essentiels à prendre en compte ?
Nos deux structures de référence utilisent pour partie des procédures communes (comptines, jeux de sons, images séquentielles...) et pour partie des activités qui leur sont propres.
Dans une classe traditionnelle l'enseignant organise son emploi du temps, dirige ses activités. La notion de travail en groupe, même restreint, est toujours présente. L'introduction aux
différents concepts (chaud/froid, long/court...) se fait par l'intermédiaire de symboles (représentations graphiques), au travers de petites histoires commentées ou, selon la volonté du
professeur, d'expérimentations ponctuelles (ex : chaud comme le radiateur, froid comme le glaçon...).
Depuis quelques années dès la maternelle, le programme d'initiation aux sciences par l'expérimentation de G. Charpak "La main à la pâte" faisait partie des textes officiels.
Malheureusement il en est aujourd'hui supprimé.
En dehors des temps de récréation et ceux de psychomotricité, l'enfant doit suivre les instructions du professeur (on va s'asseoir, on se met debout...) et maintenir la posture .
L'initiation à l'écrit se fait par l'intermédiaire des arts plastiques et par la réalisation de tracés dirigés progressifs dès 3/4 ans. Ces derniers permettent à l'enseignant d'évaluer le niveau
de l'élève et aux parents de suivre les progrès de leur enfant.
Enfin, si différents ateliers apprivoisent les lettres en vue de la lecture, l'apprentissage réel ne commence qu'à l'entrée du CP parallèlement à celui de l'écriture.
Dès mercredi prochain, nous découvrirons les liens étroits qui existent entre psychomotricité et langage et nous verrons l'approche proposée par les structures
Montessori.
Alors... à très bientôt !
Marie